Petite Histoire du Népal

Présentation succinte de l’Histoire de ce petit pays, par Brigitte Grelaud, une fervente du Népal.

Article mis en ligne le 12 juillet 2015
dernière modification le 13 juillet 2015

par Gilbert Grosdidier
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Des origines à 1750 :
L’histoire connue du Népal commence vers le 7ème siècle avant notre ère, avec l’arrivée depuis l’est, d’une population d’origine mongole, les Kirati, qui installent leur dynastie dans la vallée de Kathmandou pour un millénaire.
Au 6ème siècle avant J.C., Siddharta Gautama nait à Lumbini, dans l’actuel Terai népalais, devient Bouddha, et au 3ème siècle avant JC, le bouddhisme se développe dans la vallée de Kathmandou, sous l’influence du grand empereur indien Ashoka, après sa conversion.
Du 4ème au 8ème siècle de notre ère, la première dynastie népalaise d’origine indienne, les Licchavi, règne sur le Népal, qui s’imprègne alors profondément de culture indienne, avec une organisation sociale en classes très hiérarchisées et une domination de l’hindouisme. Stabilité et prospérité caractérisent cette période, également très riche sur le plan artistique, comme en témoignent de nombreux vestiges, notamment à Changu Narayan et dans le vieux Kathmandou. Le bouddhisme, bien que minoritaire, s’implante durablement avec les communautés de moines.
A la dynastie Licchavi, succède pour plusieurs siècles la dynastie Thakuri ; au 10ème siècle, est fondée la ville de Kantipur, actuelle Kathmandou ; l’usage de la langue newari se développe.
Au 13ème siècle, une nouvelle dynastie chassée de l’Inde, les Malla, prend le pouvoir ; après un début de règne difficile, (énorme tremblement de terre en 1255, invasion musulmane), les Malla restaurent l’ordre dans la Vallée, et consolident le pouvoir de l’Etat ; le système de castes se structure ; le royaume s’agrandit, l’hindouisme est renforcé, la culture newari connait son apogée, l’architecture népalaise s’exporte en Asie.
En 1482, pour des raisons successorales, le royaume est partagé en 3 petits royaumes : Kantipur (Kathmandou), Bhadgaon (Bhaktapur) et Lalitpur (Patan) ; ceux-ci s’enrichissent par le commerce avec le Tibet et l’Inde, et leur rivalité se manifeste notamment sur le plan artistique, créant la grande richesse culturelle de la Vallée de Kathmandou. Une cinquantaine de petits états indépendants constituent alors le reste du Népal.

La dynastie Shah et l’unification du territoire népalais :
Le milieu du 18ème siècle marque un tournant dans l’histoire du Népal, avec la campagne menée par Prithvi Narayan Shah, roi de Gorkha, petite principauté montagnarde à l’est de Kathmandou. Usant de diplomatie et fin stratège militaire, il unifie des territoires disparates, encercle et conquiert la Vallée de Katmandou, pose les bases du Népal moderne, avec Kathmandou pour capitale. La dynastie Shah, rêvant d’expansionnisme, affronte les armées chinoises et indo-britanniques, mais ses défaites mettent fin à l’extension du Népal et en 1816, un traité fixe ses frontières, pratiquement inchangées jusqu’à nos jours. Le Népal se ferme alors à tout contact avec l’extérieur et ne se rouvrira qu’en 1951.

Le pouvoir Rana et le début de la modernisation du Népal :
L‘incompétence et les intrigues des rois Shah conduisent en 1846 à un complot ourdi par Jung Bahadur, descendant d’un souverain d’Udaïpur au Rajasthan : avec l’accord de la reine, il fait assassiner plusieurs centaines de dignitaires réunis dans la cour de Kot près de Durbar Square à Kathmandou, il s’autoproclame Premier Ministre à vie et commandant en chef des armées, prend le nom de Rana et rend ces titres héréditaires.
La famille Rana exerce le véritable pouvoir au Népal pendant plus d’un siècle, les rois Shah étant cantonnés à un rôle purement honorifique. Vers la fin du 19ème siècle, la vie népalaise commence à se moderniser, avec la construction du premier hôpital du Népal à Kathmandou. Une alliance avec les Britanniques est conclue, les régiments Gurkha sont créés et servent dans l’armée britannique lors de la première guerre mondiale. En 1923, l’indépendance du Népal est officiellement reconnue par les Britanniques. La société évolue avec l’abolition de l’esclavage en 1926 (plus de 50 000 esclaves sont libérés) et l’abolition du sati, rite hindou consistant à immoler les épouses lors de la crémation de leur époux ; un lycée et une université sont construits à Kathmandou. Les campagnes restent toutefois très arriérées.
En 1934, un puissant tremblement de terre dévaste la ville de Kathmandou.
Après la seconde guerre mondiale, où combattent de nombreux népalais, l’indépendance de l’Inde et l’invasion du Tibet par la Chine bouleversent l’environnement du Népal, les réfugiés tibétains affluent, leur arrivée redonne de la vigueur à plusieurs grands sites religieux bouddhistes.

La fin du pouvoir Rana, le retour de la dynastie Shah et les premiers pas vers la démocratie :
L’année 1950 marque un nouveau tournant dans l’histoire du Népal. Le roi Shah Tribhuvan se réfugie en Inde, tandis que se forme le N.C.P (parti du Congrès Népalais), qui s’empare de la majeure partie du Terai et déclenche une guerre civile entre ses partisans et les partisans des Rana. Suite à l’intervention du président indien Nehru, un compromis est négocié, le roi Tribhuvan rentre au Népal en 1951 et forme un gouvernement constitué paritairement par des Rana et des membres du N.C.P. Le Népal rouvre progressivement ses frontières.
A la mort de Tribhuvan en 1955, son fils Mahendra lui succède et institue un régime démocratique avec partis politiques et parlement ; en 1959, les premières élections législatives donnent la majorité au N.C.P. La constitution votée par la nouvelle assemblée affirme le principe d’égalité entre hommes et femmes et institue le suffrage universel. Mais en 1960, le roi reprend les rênes du pouvoir en supprimant le conseil des ministres ; l’expérience de la démocratie est terminée ; en 1962, il met en place un parti unique, le Panchayat, qui subsistera jusqu’en 1990.
En 1972, au décès de Mahendra, son fils Birendra lui succède ; soucieux du bien-être du peuple népalais, il est respecté par ses sujets ; en 1975, il instaure la gratuité de l’éducation primaire dans tout le royaume ; en 1990, il fait un référendum national pour trancher entre le multipartisme et le parti unique, et restaure la démocratie parlementaire. Mais le système des castes perdure toujours, et constitue un terreau propice aux révoltes sociales.

La guerre civile :
En 1996, le parti communiste maoïste du Népal, soutenu par de nombreux petits paysans sans terre et les castes les plus basses, déclenche une guerre civile qui fait plus de 10 000 morts et provoque de nombreux déplacements de population ; cette guérilla durera 10 ans.
Le 1er juin 2001, le roi Birendra, son épouse et leurs enfants sont massacrés lors d’un diner familial au palais royal à Kathmandou, par le propre fils du roi ; mais les responsables de cette tragédie n’ont jamais été clairement identifiés. Gyanendra, frère cadet de Birendra, connu pour ses idées conservatrices, accède au trône, dissout le parlement, et s’arroge en février 2005 les pleins pouvoirs.

L’abolition de la monarchie et la République Népalaise :
En 2006, une longue grève générale éclate, et, face à la pression populaire, Gyanendra restaure le parlement ; celui-ci vote à l’unanimité une proclamation historique privant Gyanendra de l’essentiel de ses pouvoirs ; un accord de paix est signé entre gouvernement et maoïstes et ceux-ci acceptent de jouer le jeu démocratique en intégrant le parlement intérimaire. Fin 2007, une résolution votée à la quasi-unanimité prévoit pour avril 2008 l’élection d’une nouvelle assemblée constituante.
Cette assemblée, qui comporte un tiers de maoïstes, vote en mai 2008 l’abolition de la monarchie et proclame la république. Ram Baran Yadav devient le premier président de la République démocratique fédérale du Népal (il l’est toujours), tandis que le chef maoïste Prachanda devient premier ministre, à la tête d’une coalition de 6 partis. Mais faute d’accord entre ses membres, elle ne parvient pas à rédiger une nouvelle constitution et après une période d’instabilité gouvernementale, elle s’auto dissout en 2012.
Les élections de novembre 2013 marquent la défaite des maoïstes et la victoire de 2 partis : le parti du Congrès Népalais et l‘UML (parti communiste Union marxiste-léniniste, non maoïste). En février 2014, le président du parti du Congrès Népalais, Sushil Koirala devient premier ministre et fonde un gouvernement de coalition avec l’UML ; il est toujours en fonction à ce jour.


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